C’est l’une des questions que l’on nous pose le plus souvent. Le plan d’épargne retraite et l’assurance-vie sont deux enveloppes de long terme, qui peuvent accueillir des supports proches : fonds en euros, unités de compte. Leurs logiques sont pourtant différentes, et le bon choix dépend moins du produit que de votre situation.
Le PER : un avantage à l’entrée, une contrainte de durée
Les versements volontaires sur un plan d’épargne retraite sont, sauf option contraire, déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond indiqué sur votre avis d’imposition. L’économie d’impôt dépend directement de votre tranche marginale d’imposition : plus elle est élevée, plus l’avantage est significatif.
En contrepartie, l’épargne est bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi, parmi lesquels l’achat de la résidence principale. À la sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits est imposée au barème de l’impôt sur le revenu, et les gains au prélèvement forfaitaire unique ainsi qu’aux prélèvements sociaux. Le PER est donc d’abord un outil de lissage fiscal : il est d’autant plus intéressant que votre tranche marginale à la retraite sera inférieure à celle d’aujourd’hui.
L’assurance-vie : souplesse et transmission
L’assurance-vie ne procure pas d’avantage fiscal à l’entrée, mais votre épargne reste disponible : vous pouvez effectuer des rachats à tout moment. Seule la part de gains comprise dans chaque rachat est imposée. Après huit ans, ces gains bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune.
L’assurance-vie est aussi un outil de transmission de premier plan : les capitaux versés aux bénéficiaires désignés profitent d’une fiscalité spécifique, avec notamment un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, selon la législation en vigueur.
Comment choisir
- Votre TMI est de 30 % ou plus et la retraite est encore lointaine : le PER mérite d’être examiné en priorité, dans la limite de vos plafonds.
- Vous êtes peu ou pas imposé : l’avantage du PER est faible ; l’assurance-vie est généralement plus adaptée.
- Vous avez des projets avant la retraite (études des enfants, achat, travaux) : la disponibilité de l’assurance-vie l’emporte.
- Vous pensez à la transmission : l’assurance-vie est un outil central, même si le PER peut lui aussi comporter une clause bénéficiaire.
Souvent, les deux
Dans la pratique, les deux enveloppes se complètent. Une stratégie fréquente consiste à verser sur le PER le montant qui procure l’avantage fiscal le plus utile, et à placer le reste en assurance-vie pour conserver de la souplesse. Le dosage se revoit chaque année, en fonction de vos revenus, de vos projets et de l’évolution de la législation.
Dans les deux cas, les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital. Le fonds en euros bénéficie d’une garantie en capital apportée par l’assureur, selon les conditions du contrat, mais son rendement n’est pas connu à l’avance. Enfin, les frais (sur versements, de gestion, d’arbitrage) pèsent sur la performance dans la durée : ils doivent être comparés avec soin.
La bonne enveloppe n’est pas celle qui offre le plus d’avantages fiscaux, mais celle qui correspond à ce que vous ferez de cet argent.
Mesurer votre économie d’impôt
Le simulateur d’économie d’impôt PER calcule l’avantage selon votre tranche. Pour définir le bon équilibre entre les deux enveloppes, commencez par le test de profil investisseur.
Article d’information générale, à jour de la réglementation connue à sa date de publication. Il ne constitue pas un conseil personnalisé.
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